Nouveautés

Voici notre premier agend@lmanach. Sortie le 19 octobre à 15 heures à la Maison de l'Enfance du Parc J.-Duclos de Longlaville. Vous y êtes le bienvenu.

Les feux volés, l’agend@lmanach 1979/2009 (dessin de Victor Obscur)

 

Longwy, le verbe haut !…

 

1979… Il y a trente ans, la Lorraine explosait sous les coups de boutoir d’un petit village gaulois situé loin de tout. Ce que l’on appellera plus tard « les Evénements de Longwy » ont une double cause : le plan drastique voulu par Bruxelles et Paris et l’autisme dont a fait preuve un gouvernement Giscard-Barre qui préparait les élections présidentielles de 1981… Dans leurs bureaux capitonnés de certitudes, les eurocrates de Bruxelles et les énarques de Paris n’attendaient rien de mal des décisions qu’ils se sentaient obligés de prendre pour tenter de "sauver" la sidérurgie… Le fameux plan Davignon. Longwy, ce trou de cul du monde, où se côtoyaient sans réels liens entre elles, plus de 25 nationalités, avait bien montré dans son histoire qu’elle avait l’échine sensible et le verbe haut… Mais on n’attendait ici aucun débordement. La loi devait coûte que coûte rester à la loi...  On se disait que ce trou de cul du monde n’intéresserait personne. Et pourtant…C’est un article de presse qui va mettre le feu aux poudres. Le Républicain lorrain titre le 13 décembre 1978 à sa Une : "Usinor frappe Longwy à mort !" Première réponse :  une mobilisation exceptionnelle ; près 20 000 personnes le 19 décembre 1978 dans les rues de Longwy…

La déflagration sera considérable et fera vaciller le trône du brillant monarque… Ce n’est pas la seule raison qui fait entrer Longwy au panthéon social au même titre que Fourmies ou Carmaux… mais les « Longwy » comme on les a rapidement appelés ont inventé ici des formes de luttes reprises et développées ailleurs : radios de lutte, occupations d’usines, déménagements de bureaux, opérations coups de poing, ville morte, prises d’otages, kidnappings, attaques des institutions et notamment des commissariats et autres sous-préfectures et banques, etc. Tout est prêt ici pour la lutte finale…

Et puis trente ans après, revoici le spectre des fermetures avec Mittal… là même où beaucoup de Longwy avaient été mutés. N’avons-nous rien appris ?

Les Feux volés, c’est le titre de l’étrange ouvrage que va éditer la jeune maison d’éditions de Longwy, Paroles de Lorrains. Etrange parce qu’il prendra la forme d’un agenda thématique qui devrait permettre de se situer à la fois dans le temps présent (comme tous les agendas) mais aussi dans le passé…Il y a trente ans que faisiez-vous en Lorraine ? Avez-vous marché, crié, vous êtes vous battu, égosillé pour la sidérurgie ? Etes-vous descendu dans la rue pour défendre les premières radios syndicales de lutte ? Feux volés se  lit aussi comme un almanach avec des anecdotes, des documents uniques, des photos  inédites, des témoignages souvent émouvants, des prises de position, des articles de presse… mais aussi des dessins originaux sur les usines lorraines dus au talent d’un artiste de Nancy originaire de Saulnes, Gérard Dalstein. Dans un format carré et illustré en couleurs, Les feux volés représentent une grande originalité dans la production littéraire lorraine.

* Les Feux volés (Paroles de Lorrains), 200 pages, 120 photos et documents, 25 euros (franco de port) sortie au 15 octobre. Paroles de Lorrains, 64, rue du 8 mai 45 54400 Longwy ou Parolesdelorrains@aliceadsl.fr ; tél : 03 82 23 75 27. 

Radio Lorraine Coeur d'Acier.  L'un des documents uniques parmi les 120 que compte cet ouvrage thématique exceptionnel. Radio Lorraine Coeur d'Acier. L'un des documents uniques parmi les 120 que compte cet ouvrage thématique exceptionnel.